samedi 18 juillet 2009

Chemin d'automne.

Chemin d’automne.

Solitaire, un homme chemine sur le chemin de halage. Orangées de l’or, les frondaisons profilées, aux branches ailées, s’éclairent du soleil voilé. Elles dominent la massive vêture bordeaux, entrecoupée du vert pâle d’échevelés copeaux des ramures. Sur la cime des lignes sont rassemblés d’émouvants nuages au soleil aveuglés.

Les verts profonds parent
Parmi l’orange milieu
En rouge feu vire

Métallique, un raclement sonore, sied, nettoyant les chenets rougeoyants du brasier. Des vagues de verts jaunissants se dévident, au-dessus du chemin de touage vide. Du silence feulé, aux bosquets affalés, claque une feuille de l’oiseau envolé. Sur la Seine mouvante d’émeraude, une péniche sonore en maraude.

En clapotis d’eau
L’éternité applaudit
L’âme si esseulée

Chaque élément se souligne tout aux langueurs de ces pleurs. Trouble de cet attouchement maraudeur, exhalant l’effluve quotidien le solitaire prend sa pipe. La pincée de brins de tabac aromatisé exhumé, puis tassée en l’âme de son foyer calciné, ce dernier prolonge le rêve du temps séjourné, aussitôt léché d’une flamme exprimée.

Gisant immobiles
Au vent encore haletant
A l’horizon gris

Les nervures dorées, aux pétales rêvées, soulignent le temps, d’un immense pavillon d’un antique phonographe, insensible aux années, mise en scène du sillon, vision de l’instant, séjourné, observé. Là bas les feuilles mordorées s’élèvent vers le haut, au son allègre des valses et des tangos. Elles résonnent en l’âme, discrète, aux sons craquelés, qui ainsi s’entremêlent, de l’acoustique du phonographe grêle, à l’automne foulé des pas en conquête. Les volutes d’arôme, voilent aux âmes, cet effluve au quotidien qui s’enflamme. Soudain l’atmosphère s’humidifie d’une fine brume, le crépuscule s’étire lentement.

Feuilles mordorées
En mémoire de l’instant
Luisent de la bruine

L’homme en sa solitude foule le chemin empierré, où déjà des feuilles rouissent. Il est bordé de maisons cossues aux pierres meulières apparentes soulignées de colombages de bois peints en blanc. La silhouette sombre s’éloigne dans le couchant.

Michel Berthelin

Aucun commentaire: